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Préparation de la manifestation du 13 janvier 2014 pour défendre nos emplois de chauffeurs de taxis

Publié le 7 janvier 2014

Chambre Syndicale des Cochers Chauffeurs CGT-Taxis

Paris, le 23 décembre 2013

Monsieur le Premier Ministre,

Les membres de notre profession ont pris connaissance avec consternation du communiqué du Ministère de l’Intérieur du 11 octobre 2013, concernant les mesures pour mieux réguler « la concurrence entre taxis et VTC ».

Sachez, Monsieur le Premier Ministre, qu’après ce choc, les différentes organisations syndicales de chauffeurs ont décidé de constituer une intersyndicale visant à dénoncer par tous les moyens les dispositions annoncées car elles vont à l’encontre de l’intérêt des usagers et de la profession.

Le communiqué évoque « des consultations engagées avec les organisations représentatives des taxis et des véhicules de tourisme avec chauffeur (VTC) ». Or, il apparait que s’il y a eu une concertation, ce n’était pas avec les bonnes personnes. Ainsi, pourquoi ne pas avoir invité tous les syndicats représentatifs de la profession à se prononcer avant de prendre ces décisions délétères pour les chauffeurs de taxis ?

En effet, le délai de 15 minutes entre la réservation préalable et la prise en charge par les VTC, sauf pour les grands hôtels et en période de salons, équivaut pour nous à une charge directe (ce qui est contraire à la législation) et d’une préservation des intérêts de centraux radios au détriment des chauffeurs de taxi.

D’ailleurs, Monsieur le ministre, en octobre 2009, en tant que président du groupe socialiste, vous vous êtes donné la peine de relayer les inquiétudes de notre profession au sein de votre groupe parlementaire. Sensible à nos préoccupations, Monsieur le député CANDELIER avait interpellé le gouvernement FILLON sur ce sujet par la question écrite N° 288 le 24/11/2009. Il évoquait « un développement des services de transport anarchiques. Ce racolage constitue une provocation pour les taxis, au mépris de la sécurité et de la qualité du service de transport. » Il demandait pour finir au ministre de l’intérieur, M. Brice HORTEFEUX, « comment il compte protéger les taxis, en mettant un terme aux pratiques illégales de transport de personnes. ».

Vous souhaitez autoriser aujourd’hui la prise en charge directe sans réservation préalable par les VTC ce qui leur était interdit jusqu’à maintenant. Après votre arrivée au pouvoir et le changement légitimement attendu, cette annonce est ressentie par les chauffeurs comme un reniement de votre part au profit des VTC, de la G7 et du patronat (l’UNIT).

Quant à l’augmentation démesurée du nombre de licence de taxis parisiens que vous envisagez, elle aurait un impact négatif certain sur le revenu de chaque chauffeur particulièrement dans un contexte de crise économique et de raréfaction de notre clientèle. Ainsi, le chômage qui frappe de plein fouet la France a besoin d’autres solutions que la création ininterrompue de licences taxis car, notre industrie a déjà contribué à cet effort national au-delà de ses possibilités.

Par ailleurs, en ce qui concerne les courses conventionnées, nous déplorons le refus par la CPAM de négociation avec les représentants des syndicats de taxis. Ainsi, après le gel de l’article 44, obtenu après une grande mobilisation nationale de la profession, nous voilà confrontés à sa nouvelle mouture sous la forme des articles 31 et 39. Cela constitue à nos yeux une menace qui provoque une forte exaspération des taxis.

De plus, nous avons subi en 2012 une hausse de la TVA sur nos tarifs, de 5.5 à 7%, ce qui constituait un coup dur pour la profession car une partie de nos usagers ne pouvait plus assumer cette hausse mécanique de nos tarifs. La nouvelle hausse de la TVA de 7 à 10% dès janvier 2014 plongera notre industrie dans une situation de quasi-banqueroute. La notion de service public, que nous assumons volontiers avec ses tarifs réglementés par l’état, devraient vous inciter à protéger à la fois nos usagers les plus vulnérables ainsi que notre profession.

C’est pour toutes ces raisons, dans un contexte de crise qui touche déjà notre profession de plein fouet que les syndicats signataires de ce courrier souhaitent vous rencontrer avant une série d’actions et la manifestation prévue le 13 janvier 2014.

Dans l’attente d’une réponse favorable à notre requête, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Premier Ministre, l’expression de nos salutations les meilleurs.