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Par le prisme du Medef...

Publié le 16 avril 2014

Le discours de politique générale de Manuel Valls, puis les rencontres avec les syndicats de salariés et le patronat montrent qu’un virage est pris dans la politique économique et sociale de la France avec une série de réformes structurelles qui mettent en cause le pacte républicain issu des grandes conquêtes sociales. En faisant de la baisse du « coût du travail » une priorité, le gouvernement accède à de vieilles revendications patronales sans jamais apporter la preuve que le coût du travail handicape réellement le développement des entreprises.

D’abord parce que pour les plus grandes d’entre elles, c’est avant tout le très haut niveau de distribution des dividendes qui pèse. Ensuite parce que ce qui pose réellement problème aux entreprises les plus créatrices d’emplois, les PME et les TPE, c’est l’accès au financement et aux marchés et le poids des rapports entre donneurs d’ordre et sous-traitants.

En prenant le problème par le prisme du Medef, qui hélas déforme aussi la perception de certains syndicats de salariés, on va un peu plus déqualifier et dévaluer le travail et par des mécanismes qui vont renforcer les trappes à bas salaires, on va inciter les entreprises à tirer les rémunérations vers le bas. La promesse démagogique consistant à augmenter le salaire net sans augmenter le salaire brut va siphonner les ressources de la protection sociale et impactera donc -mais c’est déjà largement le cas- le niveau des prestations.

De cette manière, on accélère la course vers un financement de la protection sociale par l’impôt, ce qui est contraire à l’esprit même d’une sécurité sociale financée par le travail, c’est-à-dire là où se crée la richesse. Cette connexion entre le travail et le financement de la Sécu a permis à notre pays par exemple de sortir les retraités de l’indigence en quelques décennies. Renoncer à financer notre protection sociale par le travail, c’est non seulement risquer de l’assécher, mais aussi de rompre avec son caractère universel.

A la CGT, nous affirmons au contraire que « les richesses créées par le travail permettent de financer le hors travail. Nous demandons qu’un débat s’ouvre sur la question de la répartition des richesses créées par le travail en France aujourd’hui a insisté la délégation CGT qui a rencontré Manuel Valls vendredi 11 avril.

On n’est pas trop surpris en revanche que le patron des patrons se soit frotté les mains après les annonces du Premier ministre, mais qu’il soit venu à Matignon en le pressant d’accélérer la cadence de ces réformes destructrices. Enfoncer le champignon dans un virage… C’est une conduite à risque.

Autant de raisons de faire du 1er mai un grand moment de lutte !