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Ouverture des musées 7 jours sur 7 :

François Hollande, « champion du dialogue social ».

Publié le 4 août 2014

Pour être informé des petites et grandes révolutions concoctées en catimini par le ministère de la culture (MCC), il vaut mieux lire la presse. C’est par le Figaro que nous avons appris le 24 juillet que le MCC envisageait, sur une idée lumineuse du Président de la République, d’ouvrir le Louvre, Versailles et Orsay 7 jours sur 7. Pourquoi ? Parce-que le Président, dans un discours prononcé à Rodez le 30 mai dernier a exprimé le souhait que les musées ouvrent « encore davantage », en prenant le soin de souligner que « c’est la volonté de la Ministre ».

Le fait du prince, quoi !

Notre « champion du dialogue social » n’a pas jugé utile de prendre l’attache des personnels et de leurs représentants pour les informer d’une « réflexion » qui, si elle devait se réaliser, aurait des conséquences majeures sur le paysage muséal français et sur l’accueil des publics.

L’exemple du Louvre

Le Louvre est ouvert 62 heures par semaine. Le British Museum 55 heures 30, la National Gallery 59 heures, etc... N’en déplaise au Figaro et au Président de la République, le Louvre est plus ouvert que tout autre musée.

Pourquoi ? A la demande de l’Etat, le Louvre s’est efforcé depuis vingt ans d’ouvrir un maximum de salles à la visite, tout en maintenant une fermeture hebdomadaire le mardi.

A contrario , les musées ouverts tous les jours ont fait un autre choix et décidé de fermer à tour de rôle des salles pour y effectuer les travaux d’usage sur les œuvres ou de maintenance tout en conservant une tarification maximale...

On notera qu’entre 2000 et 2014, les tarifs réduits ont augmenté de 277 % au Louvre alors que les pleins tarifs ont progressé de 71%. C’est sensiblement plus que l’inflation !

Une dégradation majeure des conditions de travail

Les musées sont fermés en France généralement le mardi, voire le lundi. Cette journée de fermeture permet aux équipes techniques, scientifiques et de surveillance des musées de réaliser des travaux qu’il est impossible de faire en présence des publics. Ce sont des travaux de mouvements d’œuvres (accrochage ou décrochage), des travaux de nettoyage de salles, de maintenance, etc. Des visites pour des publics spécifiques, scolaires ou défavorisés, voire aussi des mécénats sont aussi réalisés durant la fermeture hebdomadaire. Si celle-ci est supprimée, ces travaux indispensables au bon accueil des publics et à la bonne conservation des collections devront avoir lieu à d’autres périodes de la journée ou en fermant à tour de rôle les salles comme le font les autres musées à l’étranger.

La CGT-Culture pour sa part n’a pas du tout l’attention d’en rester là et de se contenter de messages polis et rassurants. Face à une réforme qui bouleverserait le paysage des musées et ferait vaciller le ministère lui-même, nous voulons mettre le débat sur la place publique, interpeller les usagers et mobiliser les personnels, des musées bien sûr, mais aussi du ministère, tous ensemble.

Paris, le 28 juillet 2014