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Exigeons le respect de la durée légale du travail

Publié le 4 octobre 2014

Alors qu’au 1er janvier 2015, cela fera 15 ans que la durée légale du travail a été fixée, en France, à 35 heures hebdomadaire, les salariés travaillent, aujourd’hui, en moyenne 39,5 heures par semaine sans voir leurs salaires augmenter de manière significative, tandis que le nombre de privés d’emploi, lui, ne cessent d’augmenter.

A quelques jours de l’ouverture des négociations sur le dialogue social, alors que le patronat vise une plus grande permissivité du travail de nuit et du dimanche et tente le détricotage de la loi sur les 35 heures pour toutes les entreprises, une décision de la Cour de cassation rendue le 24 septembre 2014 donne définitivement tort à Sephora sur le travail de nuit. Les magasins n’ouvriront pas leurs portes après 21 heures. La Cour de cassation estime « que le travail de nuit ne peut pas être le mode d’organisation normal au sein d’une entreprise » selon le Code du travail et que le recours au travail nocturne « n’est pas inhérent à l’activité » du parfumeur.

Cette décision clôt deux ans de bataille juridique opposant le parfumeur et l’intersyndicale du commerce de Paris CGT, CFDT, FO, CFTC, SUD et CGC. Elle doit être un point d’appui pour combattre toute tentative d’assouplir la législation sur le travail « en soirée » (jusqu’à minuit). Et ce d’autant plus que, jour après jour, les faits viennent démontrer l’absence d’impact positif, voire les effets nocifs de l’extension des amplitudes d’ouverture dans le commerce. Les syndicats exigent un débat public sur la question des effets des extensions des ouvertures des magasins le dimanche et la nuit : il s’agit d’une question de société qui dépasse, très largement, les intérêts particuliers des leaders de la distribution.

Devrait-on aller plus loin pour créer davantage d’emplois et faire en sorte que ceux qui ont un puissent mieux et bien travailler ? Visiblement, ce n’est pas une question à l’ordre du jour pour le gouvernement. Ce dernier prête, en effet, une oreille plus que bienveillante aux velléités du MEDEF qui s’est engagé dans une offensive sans précédent pour remettre en cause la durée légale du travail hebdomadaire et continue de vouloir également déréglementer le travail de nuit et le travail dominical.