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Travailler le dimanche ou la nuit...

Le vrai vrai-faux !

Publié le 10 novembre 2014

Dans son projet de loi sur l’activité économique, le ministre de l’économie, Emmanuel Macron, prévoit de libéraliser d’avantage l’ouverture des commerces le dimanche et la nuit. Les magasins non-alimentaires pourraient ouvrir jusqu’à 12 dimanches par an (5 maximum aujourd’hui). Le projet prévoit également l’aménagement de zones d’autorisation d’ouverture dominicale avec une nouveau critère : celui de « potentiel (sic !) économique » et la création de zones touristiques de « dimension internationale » avec en prime l’ouverture nocturne de ces zones l’ouverture dominicale dans les gares (où les guichets SNCF, eux, auront été fermés pour faire des économies...).

Les arguments avancés pour justifier cette régression sociale vont de la création d’emplois à la relance du tourisme avec, comme contreparties, le « volontariat » et « les majorations de salaires ». Mais qu’en est-il vraiment ?

Ouvrir les magasins de dimanche crée des emplois...

FAUX ! Alors que les magasins sont de plus en plus ouverts à la clientèle (dimanches, jours fériés, nuits...) les effectifs ne cessent de diminuer :

2011 3 029,5
2012 3 017,3
2013 3 007,6

(en milliers – source : INSEE)

Les magasins n’embauchent pas : ils répartissent leurs effectifs (moins en semaine et plus le dimanche, moins le matin et plus la nuit). Les commerces indépendants de centre ville employant des salariés ne peuvent pas suivre financièrement : à terme, ces emplois disparaîtront !

Ouvrir le dimanche augmente le chiffre d’affaire...

FAUX ! Quand on a 50 € à dépenser, peu importe que ce soit le dimanche : on n’a toujours que 50 € ! N’est-ce pas le Pdg de Bricorama qui déclarait que l’ouverture le dimanche dans le bricolage n’avait pas amené plus de clients ni plus de chiffre d’affaire ?

Les touristes viendront plus et dépenseront plus...

FAUX ! Ce qu’on constate c’est que les touristes font leurs achats de bonne heure pour se réserver tu temps à visiter la capitale. Et le soir, ils sont au spectacle ou au restaurant. S’ils venaient en soirée ou le dimanche, ce serait au détriment des autres secteurs d’activité : cela ne créera pas de richesse supplémentaire.

Les salariés seront tous volontaires et payés double...

FAUX ! Les majorations sont exclues pour les entreprises de moins de 11 salariés et le volontariat ne s’applique pas aux zones touristiques. Et qui serait assez naïf pour croire que le Medef, habitué à toucher de l’argent de l’État sans contrepartie, acceptera de payer double le travail dominical ou nocturne sans répercussion sur l’emploi ou les consommateurs ?

Le Medef veut casser le Code du Travail...

VRAI ! Le Gouvernement, son ministre de l’économie, ne répondent en rien à l’intérêt du pays, de ses citoyens, des salariés : ils cèdent aux pressions du patronat. Ce patronat qui cherche à lever les derniers obstacles à la mise en concurrence des salariés entre eux en sacrifiant leurs droits les plus élémentaires et en les livrant à l’arbitraire et à l’injustice. Ce patronat qui tente de s’attaquer aux normes et régulations du travail, en France comme au plan international.

Au moment où le chômage et la précarité des salariés est au plus haut ce ne sont certainement pas les fantasmes du Medef qui nous servirons à sortir de la crise.

Voilà pourquoi la Cgt appelle à une grande manifestation parisienne, le 14 novembre à 11h00 Bd Haussmann.