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Fraude fiscale

Nous sommes les 99 %  !

Publié le 23 février 2015

L’affaire Hsbc dévoilée par Hervé Falciani vient une nouvelle fois démontrer l’ampleur de la fraude fiscale, de l’impunité des puissants et du besoin de protection des lanceurs d’alerte. En France, les chiffres officiels indiquent que ce sont 60 à 80 milliards d’euros, soit quarante fois le coût du Rsa, qui échappent chaque année au fisc.

Pourtant, la fraude fiscale est un des délits les moins sévèrement sanctionnés en France. Le point commun de ces fraudeurs : ils font partie du 1 % de la population qui possède 50 % des richesses mondiales, cherche à s’enrichir sans limites, et n’a plus aucun intérêt commun avec les 99 % qui restent. Nous vivons une véritable sécession des classes dominantes, qui ne vivent pas dans les mêmes quartiers que le reste de la population, ne fréquentent pas les mêmes écoles, ne paient pas d’impôt. La financiarisation et la globalisation, permettant aux ultrariches et aux multinationales de s’affranchir des impôts et des lois, nous ramènent dans l’Ancien Régime, avant la Révolution française, quand seul le tiers état payait des impôts. C’est (aussi) cela qui menace notre république.

La publication de ces fichiers est donc salutaire. Sauf que si elle n’est pas suivie par une mobilisation citoyenne, l’ampleur de la fraude peut aussi conduire à la banalisation et au repli sur soi. Le silence du gouvernement suite à ce nouveau scandale est assourdissant  : au lieu d’annoncer enfin les mesures promises pour lutter contre la finance, le gouvernement passe en force sur la loi Macron qui consacre le fait que le droit des actionnaires prime sur celui des salariés et de la société toute entière. Pour la première fois depuis le Cpe en 2006, le gouvernement fait usage du 49-3, c’est tout un symbole. Le coup de pied dans la fourmilière que vient de donner le peuple grec en portant Syriza au pouvoir témoigne de la montée d’aspirations à mettre au pas la finance et à restaurer une dynamique démocratique en Europe. En exerçant pleinement leur qualification et en intervenant sur tout ce qui les concerne, les ingénieurs, cadres et techniciens sont bien placés pour amplifier partout les mouvements de résistance et d’alternative sociale.

L’affaire Hsbc démontre la force du grain de sable. Si un lanceur d’alerte suffit à dévoiler un système mondial de blanchiment et de fraude, quelle serait notre force si l’ensemble des cadres étaient organisés pour faire de même  !

C’est en permettant aux 99 % de reprendre le pouvoir, notamment à partir de leur travail, que nous sortirons de cette crise. WeAreTheLeaks !

Sophie Binet Secrétaire générale adjointe de l’Ugict-Cgt