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Emploi :

Cercle vicieux ou vertueux ?

Publié le 21 avril 2015

Dim, Gefco, Intermarché, Total, sont venus ces derniers jours ajouter leurs noms à la litanie des plans sociaux, des restructurations et fermetures, douchant ainsi les espoirs d’inversion de la courbe du chômage. Pour autant, l’exécutif se veut toujours aussi volontariste et confiant dans une reprise qui se fait décidément bien timide et surtout qui ne semble pas de nature et d’ampleur telle qu’elle serait porteuse d’emplois.

Surtout, il nous demande de patienter pour cueillir les fruits des réformes telles que le Pacte de responsabilité. François Hollande a réaffirmé ce dimanche sur Canal+ :"Je me battrai pendant les deux années qui me restent pour atteindre l’objectif que j’ai fixé, la baisse du chômage", sans "baisser à aucun moment la garde", même si "c’est long".

Mais après les promesses renouvelées tous les mois de retournement de la courbe du chômage, François Hollande a été obligé de se rendre à l’évidence : 600.000 chômeurs supplémentaires sont venus frapper à la porte de Pôle emploi depuis le début de son quinquennat en dépit de cadeaux et de largesses fiscales et sociales consenties aux entreprises sans contreparties.

A l’évidence, la politique de l’offre ne donne pas les résultats attendus, sauf pour les milieux financiers et les très grandes entreprises. Restaurer les marges des entreprises et sécuriser les licenciements n’aboutit à l’évidence qu’à déplorer chaque mois plus de chômage.

Il faut donc faire autrement et sortir de ce cercle vicieux. Et notamment, comme l’ont proposé en avril 2014 les syndicats européens de la CES (Confédération européenne des Syndicats) lancer un grand plan d’investissement coordonné à l’échelle de l’Union. Il devrait viser le développement durable et des emplois de qualité afin de générer un cercle vertueux de croissance par l’augmentation de la consommation des ménages, l’accès des chômeurs à un travail de qualité, et à un revenu minimum pour tous, des produits et des services innovants permettant de faire face aux défis environnementaux, démographiques et sociétaux.

L’enjeu, c’est bien d’inscrire nos pays dans un cercle vertueux en sortant des politiques d’austérité qui plombent la croissance et aggravent la crise. C’est le sens qu’ont voulu donner à ce 1er mai 2015 les syndicats européens de la CES.

En France, si on peut regretter que toutes les confédérations affiliées à la CES ne défilent pas ensemble (CFDT et FO feront cavalier seul), on peut néanmoins se réjouir et se saisir de l’appel unitaire de la CGT, la FSU, Solidaires et l’Unsa à manifester partout dans le pays pour « promouvoir la protection sociale, combattre et réduire le chômage, permettre la création d’emplois, développer les investissements pour relancer l’activité économique, promouvoir les services publics, améliorer les salaires, les retraites, les pensions et les minima sociaux et promouvoir l’égalité salariale femmes-hommes. »