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Emploi :

Hirondelle en avril, printemps en décembre ?

Publié le 9 juin 2015

Le nombre de chômeurs de longue durée, le chômage des jeunes et des seniors augmentent respectivement de 1,1%. 26.200 chômeurs sans activité supplémentaires ont poussé la porte de Pôle emploi en avril, où ils sont désormais 3 536 000. Désormais, le discours gouvernemental consiste donc à nous expliquer que si l’hirondelle vient de passer, le printemps sera pour cet hiver.

Ainsi François Rebsamen, a admis un "décalage incontestable entre la reprise d’activité et les embauches" et a estimé que la croissance devrait "permettre de faire baisser le nombre de demandeurs d’emploi en fin d’année". Rien n’est moins sûr hélas, car en dépit de quelques frémissements, on continue à dénombrer des suppressions d’emplois par milliers comme, par exemple, chez Areva où l’on annonce 4 000 suppressions de postes en France.

C’est dans ce contexte d’aggravation du chômage que le Premier ministre a rencontré l’ensemble des organisations patronales et syndicales pour recueillir leur avis sur les changements à opérer afin de favoriser l’emploi dans les TPE/PME. Evidemment, du côté patronal, c’est encore et toujours sur la sempiternelle question de la liberté de licencier qu’on s’est focalisé. "Ce que nous sentons, c’est que sur la sécurisation de la rupture d’un contrat de travail, le gouvernement serait prêt à aller vers une barémisation avec un plafonnement obligatoire", a déclaré à la presse le président de la CGPME, François Asselin après avoir rencontré Manuel Valls. "Nous sentons que, là-dessus, il y a une vraie volonté d’avancer", a-t-il ajouté alors que le projet de loi Macron crée déjà un barème indicatif - donc pas obligatoire - sur l’indemnité susceptible d’être allouée à un salarié licencié sans cause réelle ni sérieuse. Toujours la même antienne : les licenciements d’aujourd’hui préparent les emplois de demain.

Ce sont bien évidemment des propositions totalement antinomiques que la CGT est allée défendre à Matignon. Pour la CGT, l’objectif de favoriser l’emploi dans les TPE/PME demande par exemple de revoir l’accès aux crédits, en abaissant les charges d’emprunts et de commissionnements pour les PME/TPE. De revoir aussi l’accès aux aides publiques, en évaluant les dispositifs existants et en conditionnant l’accès aux aides, au respect de critères tels que le respect du minima de branches, l’égalité de traitement femmes/hommes...

Cela passe aussi par une réforme fiscale qui rééquilibrerait l’impôt sur les sociétés, souvent plus lourd pour les TPE/PME que pour les grandes entreprises, en le modulant en fonction du comportement des sociétés en matière d’emploi, d’investissement productif, de formations, de recherches. La CGT propose aussi de changer la donne dans les relations inter-entreprises, en équilibrant les relations entre les types d’entreprises et en passant de la sous-traitance à la "cotraitance", pour améliorer les conditions salariales et sociales dans les TPE/PME. Car celles-ci sont fragilisées par la forte pression sur les coûts qu’exercent sur elles les grands groupes donneurs d’ordre.