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Temps de travail :

Au café du commerce avec Emmanuel Macron

Publié le 21 septembre 2015

Une fois de plus, le ministre de l’Economie n’a pas fait dans la dentelle en affirmant devant le think tank « En temps réel » que le statut de la fonction publique n’était plus « adéquat. (…) Je ne vois pas ce qui justifie que certains cadres de mon ministère bénéficient d’un emploi garanti à vie » a ajouté Emmanuel Macron confirmant ainsi un point de vue qu’il avait déjà défendu en 2013 alors qu’il était conseiller à l’Elysée.

En déplacement dans son fief corrézien de Tulle, le président de la République, conscient du caractère explosif de telles déclarations, a profité d’une remise de décorations pour aussitôt s’employer à éteindre l’incendie. Mais si ce recadrage immédiat de François Hollande a déminé la situation, il n’en reste pas moins que cette petite musique anti-fonctionnaires n’a pas le lustre du neuf. Elle sent même le rance tant la droite aux affaires comme dans l’opposition nous a habitué à ces antiennes populistes. "A aucun moment je n’ai parlé d’une réforme du statut de la fonction publique que le gouvernement envisagerait", a affirmé le ministre de l’Économie dans un rétropédalage vigoureux et indigné. Ce "statut n’est pas remis en cause", a déclaré le ministre en ajoutant : "Les propos partiels rapportés donnent une vision déformée de ma pensée".

Cette savante boulette calculée n’est pas gratuite. Elle intervient alors même que la colère sociale monte chez les fonctionnaires, notamment en raison du gel des salaires. A quelques semaines d’une mobilisation unitaire que les organisations de fonctionnaires ont décidé de préparer en consultant les agents sur les salaires, l’emploi, les missions et les conditions de travail, Macron les qualifie de nantis et pourquoi pas de planqués. Ces propos de café du commerce ont aussi été fraîchement accueillis à droite notamment chez Les Républicains dont le porte-parole a ironisé samedi en estimant que le ministre de l’Économie "braconne dans les idées des Républicains pour se faire une publicité à bon compte".

On ne nous fera pas croire que Macron s’égare. Ses précédents propos sur les 35 heures ont donné lieu à un rétropédalage tout aussi vigoureux, mais on voit bien depuis des mois à quel pas de deux se livrent Matignon et le Medef autour de cette question.