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COMMUNIQUE

Dix ans après le Cpe, faisons tomber la loi travail

Publié le 31 mars 2016

Il y a dix ans, le 10 avril 2006, après trois mois et demi de mobilisation, nous gagnions le retrait du Cpe. Cette victoire a été déterminante. Elle a empêché, contrairement à ce qui s’est passé dans d’autres pays européens (Espagne, Pays-Bas…), la mise en place de contrats dérogatoires pour les jeunes. Au-delà, ce mouvement victorieux a permis de renforcer durablement la combativité et la confiance des jeunes et des salariés dans la mobilisation collective et les organisations syndicales.

C’est la raison pour laquelle notre priorité absolue doit être d’assurer une issue victorieuse à la mobilisation contre la loi travail. Il nous faut aussi offrir un débouché syndical aux jeunes, nombreux dans les cortèges. La mobilisation des youtubeurs et youtubeuses offre un démenti éclatant à ceux qui continuent à prétendre que faciliter les licenciements permettrait de lutter contre le chômage et la précarité.

Ce sont des jeunes, surqualifié-e-s mais hyperprécarisé-e-s, payé-e-s au nombre de clics, sans protection sociale ni contrat de travail, qui, avec leur slogan «  On vaut mieux que ça  », démontrent que cette précarité ne peut constituer un horizon pour la jeunesse. Le numérique comme l’élévation du niveau de qualification permettent d’amplifier la dynamique du débat sur le traité constitutionnel européen de 2005 et de créer une mobilisation horizontale qui repose sur l’expertise citoyenne et sociale. Il y a urgence à ouvrir nos portes et nos fenêtres, mais aussi à pousser les murs de notre maison Cgt pour faire toute leur place à ces jeunes. Nombreux sont ceux qui travaillent dans des secteurs ou des catégories dans lesquels nous ne sommes pas implantés  : créer des syndicats ou sections Ugict, développer des bases dans les déserts syndicaux, syndiquer les travailleurs autonomes du numérique… sont autant de chantiers qu’il nous faut remettre sur le métier. L’enjeu est aussi de développer un syndicalisme 2.0, qui s’appuie sur le numérique pour faciliter la convergence des luttes et permettre aux salarié-e-s de s’auto-organiser dans la Cgt en fonction de leurs intérêts et de leurs besoins.

Gagner, et ouvrir des perspectives de progrès, c’est la raison pour laquelle la Cgt et son Ugict mettent en perspective de nouveaux droits pour le travail du XXIe siècle. Un nouveau statut du travail salarié qui ramène dans le champ du salariat l’ensemble des travailleurs et travailleuses. De nouveaux droits d’intervention et d’expression au travail pour une citoyenneté d’intervention. Des mesures permettant enfin de lutter contre la précarité et les temps partiels subis, avec une vraie surtaxation des contrats courts. Une réduction du temps de travail pour enfin créer de l’emploi. Le retrait de ce projet de loi doit nous permettre de mettre des perspectives de progrès à l’ordre du jour.

Sophie Binet Secrétaire générale adjointe de l’Ugict-Cgt