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Communiqué :

Déradicalisons le ministre de la ville !

Publié le 5 avril 2016

L’Union Départemenrtale CGT de Paris condamne les propos tenus par le ministre de la ville sur les quartiers populaires.

Le ministre français de la Ville, Patrick Kanner, a estimé le 27 mars qu’« une centaine de quartiers en France » présentent « des similitudes potentielles avec Molenbeek », considéré comme un fief djihadiste depuis les attentats parisiens de novembre.

« Molenbeek c’est quoi ? C’est une concentration énorme de pauvreté et de chômage, c’est un système ultra-communautariste, c’est un système mafieux avec une économie souterraine, c’est un système où les services publics ont disparu ou quasiment disparu, c’est un système où les élus ont baissé les bras », a déclaré Patrick Kanner, ministre français de la Ville lors du « Grand rendez-vous » Europe 1-iTELE-Le Monde.

Ces propos participent d’une discrimination insupportable dont sont victimes les habitant-e-s des quartiers populaires. Paris, ville-département inégalitaire par excellence, qui concentre sur quelques dizaines de km² les plus flagrantes des fractures sociales et des inégalités de revenus de notre pays, est concernée par les propos scandaleux du ministre de la ville. En effet, le contrat de ville définit 20 quartiers prioritaires, dans 8 arrondissements parisiens : est-ce notamment aux habitants de ces quartiers que Mr Kanner pense ?

Evidemment, au lieu de prendre à bras le corps la lutte contre les discriminations, le chômage, la création de logement décent, une vraie politique de jeunesse, le gouvernement préfère stigmatiser une partie de la population. Il est scandaleux de voir instrumentaliser les terribles attentats de Bruxelles pour jeter en pâture les quartiers.

Mais le gouvernement exprime ici une faiblesse. Il essaie de nous faire oublier que, depuis des années, il réduit le soutien aux associations de quartiers, aux services publics, politiques jeunesse et d’emploi, dans les quartiers populaires notamment.

Alors que la mobilisation contre le projet de loi El Khomri ne cesse de s’amplifier, le gouvernement souhaite faire des boucs émissaires à la situation d’aujourd’hui. Ce serait les quartiers populaires qui seraient le danger de notre pays

Non, aujourd’hui, le danger c’est le gouvernement, sa loi « travail » qui va encore plus envoyer les jeunes et habitants des quartiers populaires dans la galère.

Le danger c’est sa politique de précarisation généralisée. Nous disons non aux amalgames, nous disons oui au retrait du projet de loi de Mme El Khomri, ancienne ministre de la ville, et oui à une autre politique pour les jeunes et les habitant-e-s des quartiers populaires.

Paris, le 5 avril 2016