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#On s’en souviendra

Nul n’est prophète en son pays

Publié le 26 avril 2016

Il n’y a que dans les rangs de la droite (hors sympathisants FN) que le patron des patrons trouve des supporters avec 55 % de bonnes opinions. Jusque-là, rien de très surprenant, mais la suite est plus savoureuse, car parmi les CSP+ (catégorie qui comprend les dirigeants d’entreprise), Pierre Gattaz enregistre 77 % de mauvaises opinions. De là à supputer que peut-être le Medef ne saurait revendiquer plus de légitimité et de représentativité que les syndicats de salariés... Il n’y a qu’un pas que nous pouvons allègrement franchir.

D’abord parce que dans les rangs des employeurs se pose depuis des années la question de cette représentativité qui n’est soumise à aucun vote, contrairement aux syndicats de salariés. Ensuite parce que cette organisation qui se veut la voix des entreprises ne saurait parler pour toutes celles relevant de l’économie sociale, du champ associatif, du non-lucratif.

Le Medef ne saurait pas non plus parler pour toutes les PME et TPE souvent sous-traitantes des entreprises du Cac 40 qui les étranglent.

Surtout aux yeux de 7 personnes sur 10, l’organisation patronale défend davantage les grandes que les petites entreprises et 61 % pensent qu’il ne comprend pas les problèmes des salariés. C’est pourtant cet homme et son parti de l’entreprise qui a l’oreille du gouvernement.

C’est à lui que Manuel Valls est venu avouer son amour de l’entreprise. C’est le Medef qui cherche à nous faire croire que les « licenciements d’aujourd’hui sont les emplois de demain ». C’est lui qui revendique la mise en pièce du Code du travail, c’est encore lui, Pierre Gattaz qui a menacé de retirer le Medef de la négociation de l’assurance chômage si « rien ne bouge rapidement » sur le projet de loi Travail, un texte qu’il soutenait dans sa version initiale, avant de le fustiger au vu des modifications apportées par le gouvernement.

Des modifications qui ne changent rien sur le fond car le texte poursuit dans sa philosophie d’inversion de la hiérarchie des normes pour le plus grand bien des grandes entreprises. Même après un passage chez Ruquier quelques jours plus tôt, le patron des patrons n’arrive pas à convaincre et à séduire. Il faut dire que le réalisateur de « Merci Patron », François Ruffin lui a un peu savonné la planche en exhibant la courbe de l’Insee montrant le décrochage des salaires dans la valeur ajoutée et celle attestant du très faible réinvestissement des profits réalisés par les entreprises. Difficile après ça, alors que plus de 7 Français sur 10 y sont opposés de justifier le projet de loi Travail et de revendiquer son durcissement.

Enfin, ne dit-on pas que l’on ne gouverne pas avec des sondages ? La piètre réputation de Pierre Gattaz ne suffira pas, hélas à faire reculer l’exécutif. Il va nous falloir encore nous mobiliser. Cette semaine, jeudi 28 et encore dimanche 1er mai. Dans l’unité syndicale nous allons encore marteler que nous voulons un Code du travail qui protège chacun d’entre nous, qui nous permette de nous défendre collectivement.