ACCUEILActualité

Imprimer cet article Imprimer

Loi « Travail » :

49.3 : une fièvre sociale carabinée

Publié le 9 mai 2016

Manuel Valls ne craint pas -certes avec des moyens légaux- de bâillonner la représentation nationale en usant une fois encore de ce moyen antidémocratique.

"L’immense majorité des députés socialistes soutient ce texte mais ceux qui ont une autre conception du dialogue social veulent voter contre. Donc nous verrons la semaine prochaine mais ce texte doit passer", s’est défendu Manuel Valls qui décidément se fout comme d’une guigne de l’opinion qui non seulement est massivement opposée au texte, mais qui est aussi opposée à l’usage du 49.3.

Plus de sept Français sur dix (71%) trouveraient "choquant" que le gouvernement utilise l’arme du 49.3 pour faire adopter le projet de loi travail sans vote en engageant la responsabilité du gouvernement, selon un sondage Odoxa publié vendredi. Et il est intéressant de voir qu’une telle décision est jugée aussi choquante par les sympathisants de gauche (70%) que par les sympathisants de droite (70%), les personnes se disant sans proximité partisane étant encore plus critiques (76%).

Par ailleurs, interrogés sur ceux que l’on appelle les « frondeurs », près des trois-quarts des personnes interrogées (74%) jugent "normal qu’ils s’opposent au gouvernement". Devant les remous que provoque cette menace, le Premier ministre a expliqué dimanche que son "rôle" de chef de la majorité était de "tout faire pour construire une majorité de gauche" et non de passer par l’article 49-3 sur le contesté projet de loi Travail. Ce faisant Manuel Valls et François Hollande continuent à dérouler un programme social-libéral qui tourne le dos aux exigences sociales.

L’histoire retiendra donc que cette déconstruction du Code du Travail aura été imposée avec le pistolet du 49.3 sur la tempe gauche tandis que sur celle de droite Pierre Gattaz menace de rompre les négociations sur l’assurance chômage. Le nirvana de la démocratie sociale et politique...

Bien décidés à ne pas laisser passer ce texte, les syndicats qui exigent son retrait ont appelé à une nouvelle journée de mobilisation et d’interpellation des députés le 12 mai. A nous de faire en sorte de transformer le rejet de ce texte et du 49.3 en mobilisation.

La messe est loin d’être dite...