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Chômage :

On s’en doutait, les chiffres le confirment : le chômage tue !

Publié le 13 mai 2016

Chaque année, le chômage tuerait entre 10.000 et 20.000 personnes. 5 fois plus que les accidents de la route si l’on en croit l’Institut National pour la Santé et la Recherche Médicale (Inserm). On sait la répression qui suit chaque annonce de l’augmentation du nombre de tués sur les routes, en verra-t-on de même pour ceux qui, avides de dividendes, jettent les salariés à la porte des entreprises ?

En pleine lutte contre la Loi El Khomery qui viendra davantage encore faciliter les licenciements, la confirmation de l’effet dévastateur du chômage sur les hommes et les femmes devrait réveiller les consciences, pousser nos parlementaires à censurer cette Loi, remettre à l’ordre du jour une véritable politique de progrès social.

Le CESE [1] vient d’émettre un avis unanime : "le regard sur les personnes en situation de chômage doit évoluer et devenir plus bienveillant et objectif. Prévenir les conséquences sociales les plus dévastatrices pour les personnes au chômage et leur entourage suppose de lutter contre une stigmatisation qui nuit à l’exercice légitime de leurs droits, à l’image qu’ils.elles ont d’eux.elles-mêmes et in fine à leur réinsertion même sur le marché du travail." Mais c’est tout l’inverse qui se passe : la négociation sur l’assurance chômage n’a toujours pas commencé. L’objectif du Medef : faire durer pour maintenir le chantage sur le gouvernement à propos de la loi Travail.

Après avoir pourtant obtenu que la surcotisation des contrats courts ne figure pas dans le texte de loi, le Medef continue son diktat : aucune recette nouvelle (via notamment l’augmentation de cotisation) mais des baisses considérables de droits pour les plus précaires notamment celles et ceux qui sont en activité réduite, multi employeurs, temps partiels, intérimaires, vacataires... Et le patronat déploie toute une panoplie de mesures régressives : dégressivité de la durée des allocations selon le taux de chômage, recul de 50 à 59 ans des filières senior... Le gouvernement, lui, stigmatise toujours et encore les demandeurs d’emploi en voulant accentuer les sanctions contre les privés d’emploi qui ne chercheraient pas activement du travail. On sait pourtant que 40 % des chômeurs ne perçoivent pas d’indemnité chômage et la moitié des indemnisés touchent moins de 500 euros par mois.

Et pourtant, comme l’affirme le CESE, "le chômage est désormais une question de santé publique ; 10 à 14 000 décès par an lui sont imputables du fait de l’augmentation de certaines pathologies, maladie cardio-vasculaire, cancer… (Enquête SUIVIMAX, Inserm). Il multiplie le risque de connaître un épisode dépressif, 24 % des hommes et 26 % des femmes sont ainsi concernés (Dares 2015). Une progression de 10 % du taux de chômage se traduit par une augmentation de 1,5 % du taux de suicide (Bull épidémiologique 2015)."

Pendant ce temps, les profits continuent de croître aux dépens des salariés dans les grandes entreprises représentées par le Medef, pendant ce temps les mêmes planquent leurs bénéfices au Luxembourg ou à Panama, pendant ce temps le gouvernement tente de passer en force sa loi Travail, véritable loi Chômage !

Alors oui : manifestations, rassemblements, grèves, interpellation des parlementaires, occupations de permanences, blocages de centres économiques, distributions de tracts et de matériels dans les entreprises... sont donc plus que jamais d’actualité pour continuer de demander le retrait du projet de "loi El Khomri" !

Notes

[1] Conseil Économique Social et Environnemental