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Loi Travail

Le gouvernement déclare la guerre sociale

Publié le 28 juin 2016

Plus la mobilisation est visible, plus le rejet de la loi travail s’ancre dans la population (67 % selon le sondage les Échos du 19 juin), plus le gouvernement campe sur ses positions, droit dans ses bottes, refusant toute modification du texte et menaçant même d’interdire les manifestations.

Cette radicalisation autoritaire, doublée d’une escalade d’insultes et de provocations jusque-là inédites envers la Cgt, met en péril la cohésion sociale, élément fondamental du bon fonctionnement et développement d’un pays.

Jamais, depuis Charonne en 1962, un gouvernement n’avait osé bafouer ce droit constitutionnel. C’était sous Papon, alors préfet de police de Paris. Cette violation régalienne témoigne du niveau de régression et répression sociales où nous conduisent l’autoritarisme et les tactiques politiciennes gouvernementales. Pendant ce temps, les ennemis de la démocratie comptent les points en silence, usent de démagogie pour engranger les mécontentements. Ils s’apprêtent à sortir du bois le moment venu. Quel en sera alors le prix à payer au plan social et économique  ? Avec le 49.3, le refus de négocier, le gouvernement interdit un droit au désaccord public, un débat sur le sens et la finalité d’une réforme ou sur des propositions alternatives. Le rejet de la démocratie devient un mode de gouvernance.

L’histoire de la Cgt prouve qu’elle est force de propositions, d’innovations et de réformes sociales de grande ampleur. Refusant de se réfugier derrière le statu quo, elle a contribué à initier des conquêtes sociales qui constituent aujourd’hui le patrimoine des droits sociaux. Loin de faire de la grève reconductible un fétichisme du mode d’action, l’intersyndicale organise une votation citoyenne. Les premiers résultats sont sans appel  : 95 % des ouvriers et employés rejettent le projet, comme 70 % des cadres, dont 85 % sont favorables à de nouveaux droits.

Déjà confrontée au Wall Street management dans les entreprises et les services publics, la très grande majorité du salariat refuse le diktat d’une réforme généralisant un dumping social et économique au nom d’une financiarisation court-termiste. Elle s’oppose au passage de la promesse d’une guerre à la finance à une guerre sociale bien réelle. D’autant que celle-ci est déjà porteuse de grands dysfonctionnements économiques et percute l’efficacité des entreprises et du service public. Forte de la légitimité d’une majorité de citoyens et de salariés, la Cgt continuera tout l’été d’ouvrir des espaces de débats, de dialogues autour d’une loi alternative de progrès social et économique. Elle propose à l’intersyndicale des initiatives en juillet et une nouvelle date de mobilisation dès septembre pour gagner ensemble.

Marie-José Kotlicki Secrétaire générale de l’Ugict-Cgt