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Communiqué de l’UL du 20

Lâche agression contre la Cfdt...

Publié le 30 juin 2016

Un feu de détritus s’est déclaré jeudi vers 2 heures du matin devant le siège de la CFDT à Bordeaux. Des poubelles ont été déplacées devant la porte d’entrée du local puis incendiées. Certes, le local du syndicat n’aurait pas été endommagé, si ce n’est la porte d’entrée abîmée par les flammes. Le responsable régional de la CFDT, s’est rendu sur place dans la nuit. Il n’a constaté aucune trace de dégradation ni effraction, selon France Info.

Dans le contexte social que l’on connaît et en sachant le soutien fervent de la CFDT à la loi Travail, la police de Bordeaux s’est empressée d’ouvrir une enquête pour préciser les causes de ce sinistre. Mais ça ne peut suffire : renvoyant l’ascenseur, le gouvernement s’est fendu de déclarations à la hauteur de sa gratitude (il faut dire que, ces derniers temps, les soutiens à leur politique se font rares : en témoignent les sondages récents).

Manuel Valls dénonce ce jeudi, via son compte twitter, des attaques "insupportables", après l’incendie de poubelles devant le local de la CFDT à Bordeaux : "Engin incendiaire contre le siège de la CFDT à Bordeaux : insupportables attaques contre les acteurs du dialogue social et de la démocratie." Pas moins ! Le même premier ministre qui, le regard parcourant des éléments de langage soigneusement ciselés par ses spin-doctors, s’est livré à un exercice ignoble : réussir dans un même souffle fétide à associer la CGT coupable d’une bienveillance ambiguë vis-à-vis des casseurs qui ont "dévasté" l’hôpital qui justement soignait ce jour-là l’orphelin des deux policiers lâchement assassinés. Un peu plus tôt, la ministre du Travail Myriam El Khomri avait dénoncé des "attaques inacceptables... Tout mon soutien aux militants." Guère plus loquace que lorsqu’il s’agit de défendre son projet de loi mais reconnaissante pour ses amis...

Bernard Cazeneuve (vous savez : celui-là même qui veut interdire les manifestations des syndicats alors que jamais, depuis Charonne en 1962, un gouvernement n’avait osé bafouer ce droit constitutionnel. C’était sous Papon, alors préfet de police de Paris) a, lui, fait part de son "indignation alors qu’un incendie volontaire (...) a été déclenché devant le siège de la CFDT cette nuit à Bordeaux." Dans un communiqué, le ministre de l’Intérieur considère que "ces actes constituent une atteinte inacceptable à la démocratie sociale." Bernard Cazeneuve précise que "la police judiciaire est saisie de l’enquête. Tout est entrepris pour établir les responsabilités, interpeller les auteurs et les mettre à la disposition de la Justice". Interdire une manifestation, légiférer à coup de 49-3, ça ce n’est pas porter atteinte à la démocratie sociale ?

Au mois de mars dernier, ce sont les locaux de l’Union Locale du 20ème qui avaient été pris pour cible et vandalisés. Cela n’avait provoqué aucune réaction de la part du Gouvernement mais, soyons clairs : nous préférons qu’il en soit ainsi !

La CGT est attachée à la démocratie et au pluralisme d’expressions. Quelles que soient les appréciations ou opinions divergentes qui peuvent s’exprimer comme c’est le cas pour la loi travail, la CGT ne cessera pour autant de se battre pour que vive un réel débat démocratique. Il faut convaincre par ses idées et non contraindre par la violence !

Depuis plusieurs mois, des « casseurs » sévissent devant le cortège des manifestations et se sont attaqués au service d’ordre des organisations syndicales. Ces exactions alimentent la violence, avec pour seul objectif de détourner l’attention du cœur du problème qu’est la loi travail rejetée par une très large majorité des français et des organisations syndicales.

Plus que jamais cela confirme la très grande responsabilité du gouvernement à permettre la sortie de l’impasse.