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Europe

Exit le dumping social

Publié le 18 juillet 2016

C’est naturellement les conséquences politiques potentiellement dévastatrices du Brexit britannique qui ont amené ces dirigeants à prendre la plume pour voir dans le Brexit la preuve que « des écarts importants subsistent entre les États membres en matières de salaire, de sécurité au travail, de durée du travail, de cotisations de sécurité sociale et de droits à la sécurité sociale. Ces écarts créent une concurrence déloyale entre les entreprises et les pays au sein de l’Union Européenne, concurrence qui augmente la pression sur nos modèles de sécurité sociale". "Exit le dumping social", lancent-ils car le "dumping tue la protection sociale et nuit gravement à notre économie".

Voilà des craintes qu’il n’est pas difficile de partager tant les syndicalistes européens dénoncent ensemble ou dans chacun de leurs états les méfaits de ce dumping. Mais qu’il soit permis, au moins pour ce qui concerne le leader français de rappeler qu’en tant que député de Paris et soutien zélé du gouvernement durant les quatre premiers mois du conflit contre la loi Travail, il a précisément justifié l’adoption forcée de mécanismes qui vont favoriser dans l’Hexagone ce dumping social qu’il vilipende pour ce qui est de l’Europe.

C’est un peu facile ensuite de considérer que le Brexit pourrait être un électrochoc pour les institutions et les pousser à organiser en Europe une course à l’excellence sociale où s’appliquerait le principe : à travail égal, salaire égal » quand on impose sans vote la possibilité de revoir à la baisse toute ou partie des garanties collectives négociées dans des accords de branches et qu’on inverse la hiérarchie des normes. De quelle excellence sociale parle-t-on ? Celle qui depuis le début du quinquennat a permis de sécuriser les licenciements, de conforter les dividendes des actionnaires, d’élargir le travail dominical, de rendre les prudhommes inopérants ?

Il n’y a pas de dumping acceptable. Nous condamnons tous les mécanismes qui conduisent à mettre les salariés en concurrence d’où qu’ils soient. Ce dumping social dénoncé depuis quatre mois par les sept syndicats qui appellent à l’abrogation de la loi Travail repose sur une fragilisation, un déclassement des salariés de toutes les catégories. Dans ce combat, nous avons reçu le soutien des syndicats du monde entier et d’Europe en particulier qui savent que si nous perdons ici, ils ne tarderont pas eux aussi à perdre ce qui leur reste. L’Europe sociale ne peut se construire sur les cendres du Code du Travail.