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Les promesses du patronat...

SFR sabre un emploi sur trois

Publié le 4 août 2016

La direction du groupe de télécommunications a annoncé la mauvaise nouvelle à l’occasion d’une réunion sur le projet de réorganisation des points de distribution (boutiques et fonctions support des boutiques).

L’annonce provoque évidemment une forte émotion parmi les salariés de l’opérateur, mais elle n’est pas vraiment une surprise car depuis la prise de contrôle du groupe, SFR a engagé de nombreuses mesures d’économies pour 13 milliards d’euros, dont les conséquences ont été dénoncées par les syndicats, lesquels parlent d’une forte dégradation des conditions de travail aussi bien au sein de l’entreprise que chez les fournisseurs.

« On a donné une garantie sur l’emploi de trois ans, donc il reste encore un an [accord conclu lors du rachat de SFR par Numericable, NDLR]. Aujourd’hui, on est dans une situation où les gens savent que la garantie s’arrête dans un an  », avait déclaré avec un certain cynisme l’actionnaire principal en juin dernier. « C’est un peu comme chez Darty quand vous avez une garantie de trois ans. Au bout de trois ans, la machine à laver tombe en panne. On fait comment ? On paie. Ils savent qu’on est en sureffectif.  »

Syndicats et direction reçus au ministère du Travail

L’ampleur de ces suppressions d’emplois dans un contexte où le gouvernement ne parvient pas à inverser la courbe du chômage a incité la ministre du Travail à se pencher sur ce dossier en recevant syndicats et direction le 2 août.

À la sortie de cette rencontre avec Myriam El Khomri, le représentant de l’Unsa a assuré que « la direction a accepté que, jusqu’en 2019, il n’y ait aucun licenciement sec, pas de plan social pur, tout est basé sur le volontariat ». « Ce qui est sur la table aujourd’hui, c’est de pouvoir détendre le calendrier, y compris en allant jusqu’à 2019 avec pas de licenciements secs », a pour sa part acté la CFDT.

Tout en confirmant l’engagement à ne pas faire de licenciements jusqu’en 2019, le représentant de la fédération CGT des activités postales et de télécommunications Frédéric Retourney a mis en doute les intentions de la direction : « Quand on annonce 5 000 suppressions alors qu’il y a 14 300 salariés dans l’entreprise, je ne vois pas comment on peut parler de départs volontaires. On est bien dans un plan social déguisé. »

1 200 emplois supprimés en 18 mois

Les doutes de la CGT pourraient être fondés car à l’issue d’un long entretien avec Myriam El Khomri, le patron de SFR, Michel Combes, a affirmé à la presse avoir pu « rassurer » la ministre, mais s’est refusé à commenter les informations sur ce plan de départs volontaires.

Il a répété que « bien entendu, tous les engagements pris lors de la reprise de SFR par Numericable seront tenus, tant en termes d’investissement que d’emploi ou en termes d’engagement auprès du tissu industriel français ».

Mais que valent ces promesses ? La FAPT CGT a en effet rappelé qu’« en 18 mois, et malgré l’accord de garantie sur l’emploi, la direction du groupe a déjà supprimé plus de 1 200 emplois ».

Quant à la ministre du Travail, elle a souhaité, dans un communiqué publié dans la soirée, « que le dialogue engagé au sein du groupe SFR se poursuive afin que les conditions d’un accord puissent être réunies », insistant sur « la préservation des compétences et du savoir-faire des personnels du groupe ».

La CGT a annoncé que « les organisations syndicales allaient se rencontrer pour organiser rapidement une journée d’action de l’ensemble des salariés du groupe, fin août ou début septembre ».