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Les salariés de de Goodyear, Air France, Haguenau, les autres…

Christine Lagarde, Eric Woerth, Charles Pasqua, les autres… En France, la justice de classe est en ordre de marche !

Publié le 27 décembre 2016

La Cour de justice de la République a été créée en 1993 pour traiter le volet ministériel de l’affaire du sang contaminé. Il s’agit d’une juridiction d’exception, conçue pour épargner aux ministres les rigueurs de la justice ordinaire, celle des simples citoyens. Dans les faits, elle ne condamne presque jamais personne.

Christine Lagarde, ancienne ministre de l’économie a été déclarée coupable de négligence dans l’affaire de l’arbitrage Tapie par la Cour de justice de la République, ce lundi 19 décembre. Mais la Cour a choisi de la dispenser de toute peine.

Pour rappel, le code pénal prévoit en son article 132-59 que : « La dispense de peine peut être accordée lorsqu’il apparaît que le reclassement du coupable est acquis, que le dommage causé est réparé et que le trouble résultant de l’infraction a cessé. »

Bernard Tapie a-t-il remboursé les 404 millions d’euros ? Non ! Le dommage est-il réparé ? Non !

La Cour de justice de la République est une anomalie démocratique, dont la survivance ne peut que renforcer chez le citoyen le sentiment d’une justice à plusieurs vitesses, d’une inégalité entre les humbles et les puissants devant la loi. Sa suppression était une des promesses du candidat Hollande en 2012...

La justice ordinaire condamne des militants syndicaux qui défendent leurs emplois et leur outil de travail. Les voyous, ce sont les patrons qui organisent le dépérissement des entreprises et les plans de suppressions d’emplois. Les 8 Goodyear sont certainement les plus touchés (24 mois de prison dont 9 fermes !). Quant aux Air France, si deux sont acquittés, trois autres ont des peines de trois à quatre mois de prison avec sursis. Bien d’autres sont en attente de jugement comme les six de Haguenau. Et n’oublions pas l’acharnement judiciaire frappant des centaines d’autres manifestant-e-s en raison de leur participation aux luttes syndicales contre la « loi travail ».

Cette justice de classe va-t-elle faire vaciller le mouvement des milliers de salariés qui se battent contre la « loi travail » ? Certainement pas, car l’injustice qui est faite chaque jour, entre les justiciables ordinaires et les laquais du MEDEF, ne font que renforcer la détermination des salariés à se mobiliser, notamment le 11 janvier prochain à Amiens pour les Goodyear et devant le sénat pour dire non à la « loi travail ».

L’Union départementale des syndicats CGT de Paris vous invite à signer la pétition « un vrai procès pour Christine Lagarde » qui a déjà recueilli plus de 202.000 signatures à ce jour !