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Emploi

Explosion des CDD depuis 15 ans

Publié le 31 janvier

Syndicats et patronat ont repris langue en décembre pour faire un « diagnostic partagé » sur l’épineux dossier, en programmant une série de réunions jusqu’au 15 février, date à laquelle ils décideront de rouvrir ou non les négociations.

Leur travail s’est nourri récemment de deux études de l’Unédic et de France Stratégie qui montrent notamment que le nombre d’embauches en CDD de moins d’un mois a plus que doublé en quinze ans et ces contrats débouchent de moins en moins sur un CDI.

L’étude de l’Unédic, montre que de 2000 à 2016, les embauches en CDD d’un mois ou moins sont passées d’un peu plus de 1,5 million par trimestre à plus de 4 millions, tandis que celles de plus d’un mois n’ont pas bougé (environ un million). Malgré cette tendance au raccourcissement des CDD, la part globale de ces contrats dans l’emploi reste stable sur cette période, à 9 %, alors que les CDI représentent 76 % de l’emploi total. Ce sont les secteurs des arts et spectacles, l’édition et l’audiovisuel, les activités pour la santé, l’hôtellerie-restauration, l’immobilier et l’enseignement privé qui ont eu, en 2012, le plus recours à des contrats de moins d’un mois, voire quelques jours. L’Unédic souligne aussi le « poids croissant » de la réembauche, 84 % des CDD de moins d’un mois étant des réembauches par un ancien employeur, selon des données de 2012.

L’étude de France Stratégie relève que seul un CDD sur cinq (20 %) se transforme en CDI, contre un sur quatre (24 %) avant la crise de 2008.

Les négociations sur une nouvelle convention d’assurance chômage avaient échoué en juin 2016, après le refus du patronat de taxer les contrats courts. L’actuelle convention a été prolongée par l’État pour une durée indéterminée. « Toutes ces études ne font pas avancer le schmilblick. On sent le même blocage qu’au printemps, les employeurs ne veulent pas discuter de leur choix dans le recours à la précarité car ils savent que ça aboutit forcément à la sur-cotisation des contrats courts », a commenté Denis Gravouil, négociateur pour la CGT.