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Représentativité :

Il faut renforcer l’implantation de la CGT

Publié le 4 avril

La deuxième place de la CGT derrière la CFDT au terme du processus de mesure de la représentativité n’est pas une vraie surprise. En effet, voici quatre ans, la CGT était déjà arrivée en deuxième position dans les comités d’entreprise conservant néanmoins sa position de première organisation syndicale grâce à de bons résultats dans les premières élections professionnelles dans les TPE.

Cette fois, à l’occasion du dernier scrutin, le taux de participation très bas dans les TPE a fait fondre son avance. C’est une première explication, mais ce n’est pas la seule, car il est un fait que la CGT est moins implantés que la CFDT dans les entreprises privées.

Or, si un syndicat n’est pas représenté, on ne peut pas voter pour lui aux élections. « Il va falloir retourner davantage sur le terrain pour accélérer nos implantations dans les entreprises » a estimé Philippe Martinez dans une interview au Parisien. C’est la leçon la plus importante à tirer de cette mesure de la représentativité. « La CGT ne peut se satisfaire de ce résultat » assure la confédération dans un communiqué. « C’est d’un déficit de présence auprès de l’ensemble du salariat auxquelles la CGT est confrontée pour prétendre demeurer être la première organisation syndicale du secteur privé. Tirant analyse de ces résultats, la CGT aura à cœur de mieux représenter les salariés dans leurs diversités. » La troisième explication de ce recul à la deuxième place tient à des résultats en baisse de la CGT, chez Orange, EDF ou la SNCF par exemple.

Certains commentateurs n’ont pas hésité à voir dans cette deuxième place la sanction par les salariés d’un « syndicalisme de contestation » et leur préférence pour un syndicalisme « de proposition et de compromis ». D’autres vont jusqu’à y voir la sanction de l’attitude de la CGT vis à vis de la loi Travail. C’est aller très vite en besogne. D’abord parce que ce résultat reflète une tendance lourde antérieure au conflit sur la loi El Khomri, ensuite parce que les enquêtes d’opinion ont montré que plus de sept personnes sur dix étaient opposées au texte. Cette opposition à la loi travail on a encore pu la vérifier la semaine dernière dans le résultat du référendum chez RTE où pour contourner l’opposition de la CGT majoritaire à 58,4% au sein de l’établissement Maintenance de RTE, la CFDT et la CFE-CGC ont demandé un référendum, en application de la Loi Travail.

Avec 76.3 % de participation et 70.8 % de votants contre le projet d’accord, les agents ont signifié leur refus de voir leurs horaires flexibilisés. Cette démarche de référendum portait un autre danger, celui de diviser les collectifs de travail et de monter les salariés les uns contre les autres en faisant se prononcer des catégories de salariés non concernées directement par l’accord. La direction a été mise en échec et les Ingénieurs, Cadres et techniciens ont aussi voté massivement contre la modification de l’accord temps de travail.

Ce référendum apporte donc un démenti clair à ceux qui voudraient faire croire que les salariés ont tourné la page de la réforme du code du travail. Il montre aussi que lorsque la CGT est présente dans l’entreprise et qu’elle s’adresse à toutes les catégories, elle marque des points.