ACCUEILActualité

Imprimer cet article Imprimer

Gens de biens et "gens de rien"

Et si le mépris de classe était bien dans l’ADN du président de la République ?

Publié le 10 juillet

Ses propos sur les ouvrières « illettrées » de Gad avaient déjà choqué et entaché l’image de celui qui pensait sans doute déjà à être candidat à la présidence de la République. Durant la campagne présidentielle, ses propos sur les costumes à l’endroit d’un militant CGT avait de nouveau montré chez Macron un dédain de classe qui avait finalement peu à envier à celui de François Hollande pour les « sans-dents ».

Conscient que ses manières de grand bourgeois parvenu pouvaient nuire à son image, Emmanuel Macron s’était défendu en rappelant qu’il était né à Amiens...

Comme si un bulletin de naissance de ce chef-lieu au passé industriel pouvait immuniser Emmanuel Macron de cette minable tendance à la morgue de classe. Le mépris jupitérien n’a hélas rien d’accidentel. En effet, par deux fois dans la même semaine, le président de la République a accolé les mots « rien » et « gens » dans la même phrase ;

D’abord au Mali où commentant la vidéo montrant l’otage française retenue par des terroristes il a lancé « ces gens-là ne sont rien » pour bien marquer le mépris qu’il convient selon lui d’avoir pour des preneurs d’otage.

Quelques jours plus tard, inaugurant la Halle Freyssinet et sa pépinière de start-up, Emmanuel Macron s’est encore distingué par de nobles sentiments : «  Dans les gares, se croisent des gens qui ont réussi et des gens qui ne sont rien  » a lâché le chef de l’État.

De qui et de quoi parle-t’il ? Qu’est-ce que la réussite selon Macron ? Est-ce d’avoir pu s’offrir une Rolex avant 50 ans ? Ou bien un costume chic ? Qui sont ces gens qui ne sont rien ? À partir de combien peut-on estimer avoir réussi... ? Parce que bien entendu, la réussite se soupèse.

Ces propos méprisants n’ont clairement plus rien d’accidentels, Macron préfère les gens de biens ; il les écoute, il devance leurs souhaits et exhausse leurs plus vieilles revendications.

par FD, journaliste engagé et militant Ugict-CGT