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Rentrée sociale

"Le 12 septembre n’est qu’un commencement" pour Philippe Martinez

Publié le 29 août

La conférence de rentrée des organisations de la CGT, médiatisée par une conférence de presse organisée ce 29 août, aura été placée sous les auspices de la mobilisation du 12 septembre contre les ordonnances Macron sur la réforme du Code du travail, dite Loi Travail XXL. Il n’empêche, pendant ce temps, le monde tourne, et il tourne plutôt mal. Philippe Martinez, accompagné à la tribune de Catherine Perret, Manuel Blanco et Anais Ferrer, a, au préalable, rendu un hommage appuyé aux victimes du terrorisme, notamment à Barcelone et Cambrils, tout en fustigeant le discours va-t-en guerre de Donald Trump, qui a renvoyé dos à dos des militants nazis, responsable du meurtre de la militante antifasciste Heather Heyer à Charlottesville, et des militants antiracistes. Le secrétaire général de la CGT a par ailleurs rappelé que la Confédération se joignait à 150 autres organisations qui ont appelé à plusieurs marches pour la paix le 23 septembre, dans le cadre de la journée internationale pour la paix du 21 septembre.

Multilatérale le 31 août

Sur le front social, la rentrée est tout entière accaparée par la mobilisation contre les ordonnances Macron, qui seront officiellement présentées le 31 août, à l’issue d’une concertation qui n’en fut pas une. "Ces ordonnances s’inscrivent dans le droit fil de la loi El Khomri", a rappelé Philippe Martinez. La philosophie de ces deux textes de loi restent la même : détricoter le code du Travail. Même si la méthode diffère : "Pour la loi El Khomri, nous avions découvert le projet de loi dans la presse, là nous avons été conviés à des réunions, soit 7 réunions pour la CGT, sans aucun texte fourni. Et nous venons d’apprendre que nous sommes invités pour une multilatérale le 31 août."

Ces ordonnances, qui pour l’heure n’ont jamais été présentées aux organisations syndicales, devraient comporter des mesures qui seraient un véritable big-bang dans le domaine social. Il s’agit :
- de renforcer les accords de branche par rapport au contrat de travail,
- de renforcer les accords d’entreprise vis-à-vis de la branche ou de la loi sur des questions de rémunérations.

Mais "il est aussi question de revoir la prime d’ancienneté, qui peut représenter jusqu’à 25% du salaire pour certains salariés, de revoir les congés maternité, de réformer les CDD, de généraliser les contrats de projet", a détaillé Philippe Martinez. Et ce n’est pas tout. La fusion des IRP est à l’étude tout comme la suppression du Comité hygiène, sécurité et conditions de travail (CHSCT), l’ouverture de négociations dans une entreprise sans présence syndicale, la prise en compte du seul périmètre national en vue d’un plan social, le plafonnement des indemnités prudhommales...

Réformes antisociales

"Cette réforme s’accompagne d’autres mesures antisociales, comme la baisse des APL, la hausse de la CSG... La remise en cause des cotisations est une remise en cause des principes de solidarité et d’universalité de notre système de protection sociale. Au même moment, les fonctionnaires subissent de nouvelles attaques avec le gel du point d’indice, et le retour du jour de carence en cas d’arrêt maladie..."

Mobilisations massives

Face à ce climat antisocial, la réplique du 12 septembre s’annonce massive. "Solidaires et l’Unef appellent à la mobilisation aux côtés de la CGT. La FSU a déposé un préavis de grève, plusieurs UD et une fédération de FO appellent également à la mobilisation le 12 septembre, la CFE-CGG est également très mobilisée dans les entreprises..." Et cette mobilisation commence par inquiéter le pouvoir : "Nous avons senti nos interlocuteurs gouvernementaux inquiets lors de la dernière bilatérale, a expliqué Catherine Perret, négociatrice de la CGT. Ainsi de nombreux points rouges ne sont toujours pas arbitrés : référendum à l’initiative du patron, négociation d’entreprise avec un salarié isolé, plan social dans un périmètre national, travail de nuit..."

D’autant que la mobilisation du 12 septembre marque non la fin du mouvement, mais le début : "d’autres dates de mobilisation et de grève pourraient être annoncés dans les prochaines semaines", a averti Philippe Martinez.