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Le recours aux marchés ne profite qu’aux financiers

Pour financer les Services publics, l’État doit assumer sa responsabilité

Publié le 3 mai

La CGT, sa Fédération des Cheminots et sa Fédération des Finances l’ont souligné à maintes reprises : le gouvernement, la direction de la SNCF et les « experts » mettent en avant la dette pour intimider les citoyens et leur vendre la privatisation et la remise en cause du statut des cheminots.

La dette de la SNCF n’est pourtant autre chose que le produit du dogme libéral qui domine les choix des gouvernements successifs depuis de nombreuses décennies.

Le Service public ferroviaire, tout comme les autres services publics, correspond à un choix de société. Dans l’intérêt des citoyens, son financement doit obéir à une seule logique : la réponse aux besoins présents et futurs dans un esprit de solidarité et d’accès de toutes et tous aux services de qualité sur tout le territoire. Cette logique nécessite des financements publics, soit par l’État, soit à travers un Pôle financier public.

Le recours aux marchés financiers et la transformation de la SNCF en société anonyme (premier pas vers la privatisation) que préconisent les libéraux ne profitent qu’aux détenteurs de capitaux et aux marchés financiers. Contrairement à ce qu’ils prétendent, ces politiques augmentent les coûts. Les intérêts de la dette déjà contractée coûtent chaque année 1,7 milliard d’euros ; c’est autant d’argent qui aurait pu être mobilisé autrement pour mieux répondre aux attentes et besoins. Plus scandaleux encore, en plus des intérêts, les financiers empochent des sommes exorbitantes sous forme de commission d’intermédiation.

Selon une étude du cabinet de conseil Degest, « sur 100 euros d’emprunt sur les marchés financiers, seuls 41 euros servent à financer le réseau ferré, les 59 euros disparaissant dans l’intermédiation financière. »

Pour mettre fin à cette situation scandaleuse et résoudre le problème de la dette, la CGT propose :
- de créer une Caisse d’Amortissement de la Dette Ferroviaire de l’État afin de libérer le système ferroviaire du carcan des marchés financiers ;
- de nationaliser les autoroutes et d’utiliser les profits pour alimenter cette caisse ;
- d’instaurer une Eco Taxe poids lourd dont les recettes permettraient également d’apurer la dette.

L’explication, la sensibilisation et la mobilisation autour de nos propositions, tant sur la dette que sur les autres dimensions de la « réforme », ont neutralisé la tactique du gouvernement et de la direction de l’entreprise qui voulaient focaliser le débat sur le statut des cheminots.

La CGT et ses organisations continuent de mobilier autour de ces propositions pour créer les rapports de force pour mettre en échec le projet du gouvernement.

Montreuil, le 2 mai 2018