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Pouvoir d’achat

Oui le pouvoir d’achat augmente... Pour les très riches.

Publié le 8 novembre

Comme deux mauvais représentants de commerce, les ministres Bruno Le Maire et Gérard Darmanin répètent que le pouvoir d’achat des Français augmente. Certes pas pour les retraités, mais eux sont privilégiés n’est-ce pas et il s’agit, nous disent nos deux bateleurs, de favoriser le travail. Ils mentent. Voici comment.

Prendre l’argent versé aux salariés dans la poche de leurs parents

C’est la première arnaque : la suppression des cotisations sociales qui financent les indemnités chômage, la maladie et les congés maternité. Ce qui présente pour les ultralibéraux plusieurs avantages : éviter aux employeurs d’augmenter les salaires, mettre en cause la Sécurité sociale en fragilisant son financement qui va dépendre de plus en plus des finances de l’Etat et de son bon vouloir. Compenser dans l’immédiat le manque à gagner par une augmentation de la CSG, ce qui revient à faire payer aux retraités des prestations dont ils ne bénéficieront plus… Récupérer l’argent versé en augmentant les taxes

C’est la double arnaque : la faible augmentation des salaires à peine perçue est immédiatement annulée et dépassée par une cascade d’augmentations, qui frappent à la fois les salariés et les retraités. C’est l’objectif de la hausse des taxes sur l’essence, le fuel, les timbres, le gaz, les mutuelles. A cela s’ajoutent la réduction des aides au logement, dramatique quand on sait que le logement et les charges représentent près de 40 % des revenus d’un ménage. Mais aussi le renchérissement prévisible voire la suppression des aides des municipalités étranglées par le désengagement de l’Etat et la suppression de la taxe d’habitation.

Le faux-nez de l’argument écologique

L’augmentation des carburants viserait selon les ministres zélés à encourager les Français à consommer moins d’énergie non renouvelable. Ils se gardent de préciser que sur le prix des carburants, 19 % seulement contribuera au financement de la transition énergétique.

L’argument est d’autant plus cynique que par ailleurs ce gouvernement supprime des lignes de chemin de fer, sacrifie le fret de la SNCF, favorise le transport routier, symbolisé par les « cars Macron », accélère la constitution de grandes métropoles qui génèrent un surcroît de transports et de complications administratives en tout genre. Pour améliorer la vie des gens ?

Les naïfs penseront que cet argent va permettre à l’Etat d’investir et d’améliorer les services publics et particulièrement l’hôpital. Non, puisqu’il est prévu de réduire d’un milliard le financement des hôpitaux et de supprimer 20 000 postes dans la Fonction publique, entre autres « économies budgétaires ».

Les aides aux nantis, « un pognon de dingue »

Étrangement les 4,5 milliards d’euros pris dans la poche des retraités soumis à la hausse de la CSG correspondent au montant des aides accordées aux très riches. Mais ce n’est qu’une partie du magot : les niches fiscales se sont élevées entre 2000 et 2010 à 100 milliards selon une commission parlementaire et probablement autant entre 2010 et 2020, soit 10 milliards par an ; les niches sociales, exonérations de cotisations sociales atteignent 52 milliards, aux frais de la Sécurité sociale ; le crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) et le pacte dit de responsabilité :150 milliards d’euros ; la baisse de la fiscalité des plus riches et des entreprises depuis une trentaine d’années s’élève au bas mot à 50 milliards ; à cela il faut ajouter la fraude aux cotisations sociales, qui serait de 20 à 30 milliards, selon la Cour des comptes. C’est donc près de 300 milliards d’aides annuelles qui sont accordés aux plus riches.

Les véritables assistés de la République en marche

5% des plus aisés des Français se partagent à eux seuls, près de 40% du patrimoine. Selon plusieurs études récentes, depuis l’arrivée de Macron, en moyenne, les 5 034 Français les plus riches, 2 millions d’euros de revenus annuels, ont chacun économisé 253 800 euros. "Il s’agit de la baisse d’impôt par contribuable la plus forte jamais réalisée en France" constate la Fondation Jean Jaurès. Et alors que pour les retraités la hausse de la CSG est calculée sur le revenu de référence des ménages, les faveurs fiscales sont accordées individuellement aux plus riches, ce qui double le jack pot.

Que font-ils de tout cet argent ?

Ils investissent ? Très peu. Un tiers seulement des dividendes est investi dans l’économie réelle. Alors ? Ils accumulent et grossissent leur patrimoine déjà immense. Ils spéculent aussi, sur la dette des Etats, c’est la raison pour laquelle ils tiennent tant à l’endettement du pays. Ils « optimisent » comme ils disent, c’est-à-dire qu’ils mettent leur fortune à l’abri dans des paradis fiscaux. Ils fraudent également. Pour la seule évasion « à l’étranger », une estimation très prudente la situe entre 60 et 80 milliards par an. Mais si on y ajoute les fraudes diverses, le spécialiste Gérard Gourguechon l’évalue à beaucoup plus, 200 milliards par an…

Une politique qui mène au chaos social

La politique d’Emmanuel Macron n’est pas seulement injuste et génératrice d’une aggravation sans précédent des inégalités, elle dessert le pays, le déshumanise. Pour la faire accepter elle joue des peurs et des divisions entre les plus démunis en suscitant un climat de tensions et de conflits entre celles et ceux qu’elle appauvrit.

C’est contre cet avenir de désolation que chaque action, chaque lutte des salariés et des retraités construit la conviction qu’une toute autre politique est possible, répondant aux revendications et aux attentes des uns et des autres.

C’est le sens de l’engagement des retraités CGT et une bonne raison de rejoindre leurs actions et leurs organisations. Il y a urgence.