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Enfumage...

Les prestidigitateurs de l’augmentation salariale

Publié le 22 novembre 2018

Eureka, ils auraient trouvé ! Qui ? Macron et Philippe. Et trouvé quoi ? Comment augmenter les salaires sans toucher au portefeuille de leurs inspirateurs, les chefs d’entreprise. On connaît depuis longtemps les cadeaux faits au patronat par les exonérations de cotisations sociales. On les paye par la réduction de nos droits au chômage, à la santé, à la retraite, ceux de la famille... L’année 2018 marque le franchissement d’une nouvelle étape dans la volonté des libéraux de mettre à mal notre système de protection sociale.

Net à payer en hausse

En effet, vous l’avez constaté sur votre fiche de paie d’octobre : le net à payer a augmenté. Hourra, pourrait-on crier un peu précipitamment, nos salaires ont augmenté ! Sauf que cela n’est pas vrai, cette évolution du « net à payer » n’étant que la conséquence d’un tour de passe-passe gouvernemental. Deux cotisations sociales salariales disparaissent. Ainsi la cotisation d’assurance chômage, déjà réduite de 2.4% à 0.95% en janvier dernier, est désormais supprimée et subit le même sort que la cotisation d’assurance maladie ramenée à zéro depuis janvier.

Vases communicants

Ce n’est donc pas une augmentation de salaire mais bien un transfert d’une partie du salaire socialisé vers le net à payer, une sorte de vases communicants où l’on prend du salaire d’un côté pour le basculer de l’autre. Et tout cela pour des sommes quasi symboliques : 17,36 euros/mois pour un salarié au SMIC, soit 208,26 euros/an, pas de quoi compenser la hausse du prix des carburants et plus généralement du coût de la vie. Pour compenser la baisse de ressources subie par l’Unedic, le gouvernement a décidé d’affecter tout ou partie de la CSG à partir de 2019, CSG qui jusqu’alors compensait en partie les exonérations des cotisations sociales dites patronales. Cela pose évidemment la question de l’avenir de notre Sécurité sociale solidaire et du niveau des prestations si le financement assis sur le travail disparaît et qu’il ne reste qu’un financement par l’impôt.

A quand une taxe sur les dividendes ?

Qu’en est-il par ailleurs des richesses créées qui sont captées par les actionnaires ? Une fois de plus, ces derniers ne sont pas inquiétés, les dividendes n’étant toujours pas soumis à cotisations… Les négociations annuelles vont bientôt s’ouvrir dans nos entreprises et les besoins de vivre mieux et bien sont prégnants pour tous les salariés. Profitons de cette période pour engager avec les salariés une grande campagne de mobilisation pour l’augmentation des salaires et la défense de notre système de Sécurité sociale.