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Une porte entrebâillée

Publié le 28 décembre 2018

Il y a certes beaucoup d’enfumage dans ces annonces, notamment parce qu’elles épargnent le patronat qui n’est pas tenu d’augmenter les salaires, ni reconnaître les qualifications et encore moins contraint une bonne fois pour toutes de combler les inégalités salariales entre femmes et hommes.

Certes, tous les retraités n’y gagneront pas l’annulation de l’augmentation de la CSG. Mais cette séquence politique a au moins mis un coup d’arrêt à cette espèce de marche triomphale d’Emmanuel Macron à qui tout semblait réussir. Et il semble clair qu’il va devoir marcher sur des œufs pour ne pas se prendre les pieds dans le tapis sur les chantiers de réforme qu’il entend mener. Car nous savons maintenant que toute résistance à la politique antisociale d’Emmanuel Macron, toute offensive sociale et revendicative n’est pas vouée à l’échec.

D’ailleurs, nous venons d’en avoir la preuve avec les personnels non médicaux du Samu 93 qui viennent d’obtenir le 24 décembre la création de 10,3 postes dans le cadre d’un financement complémentaire accordé par l’Agence régionale de santé d’Ile-de-France (ARS). C’est « une première victoire », a réagi le syndicat CGT de l’hôpital Avicenne de Bobigny dans un communiqué après la signature du protocole d’accord. « La situation de dégradation du service avec un nombre d’appels non décrochés et des temps d’attente en progression constante ne nous permettait plus d’assurer un service de qualité » Mais il est intéressant de noter que dans d’autres Samu d’Ile-de-France des préavis de grève déposés là aussi par les personnels ont tordu le bras des autorités sanitaires. C’est ainsi que le directeur général de l’Agence régionale de santé a déclaré : « nous allons aussi discuter dans le même cadre que les autres Samu franciliens, j’espère qu’on n’arrivera pas à la grève ».

La porte est entrebâillée et il est sans doute temps que les revendications s’expriment avec plus de force. D’ailleurs, il est intéressant de voir combien les annonces de Macron ont été mal reçues par les syndicats de fonctionnaires. Vendredi 21 décembre à l’issue d’une réunion avec Olivier Dussopt, le secrétaire d’État chargé de la fonction publique CGC, CFTC, CFDT, CGT, FA/FP, FO, FSU, Solidaires et Unsa ont publié un communiqué commun dans lequel elles menacent le gouvernement qui n’a pas pris la « mesure du malaise qui s’exprime dans la fonction publique. (...) Devant l’absence de réponse de sa part, elles décideront des moyens nécessaires pour peser afin d’être entendues. » On ne saurait être plus clair... Macron n’en a pas fini avec les mobilisations sociales.