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Jean-Marc Canon :

« Le processus de lutte ne va pas s’arrêter à la mi-juin »

Publié le 4 juin

Devant l’assemblée nationale, le 28 mai dernier, plus de 500 personnes étaient rassemblées au moment où était adopté par les députés le projet de loi Fonction publique. Après la forte journée de mobilisation du 9 mai, à l’appel des 9 organisations syndicales représentatives, les agents de la Fonction publique (État, territoriale et hospitalière) étaient en grève pour dénoncer ce projet de loi mortifère.

Un projet de loi qui s’attaque au socle du statut, pourtant une garantie contre les dérives des décisions administratives et politiques.

À travers le slogan : « Ce projet de loi, on n’en veut pas ! », la CGT exprime son opposition à cette réforme qui s’attaque au statut des fonctionnaires. Outre le développement des recrutements contractuels dans la fonction publique et l’individualisation des rémunérations (rémunération au mérite), « cette loi s’attaque gravement au dialogue social ».

Ainsi, les comités techniques et CHSCT vont fusionner, entraînant un mélange des prérogatives, tandis que les commissions administratives paritaires (CAP), « qui gèrent les aspects individuels des carrières, seront vidées de leurs prérogatives sur les promotions, les mobilités et les mutations » souligne Jean-Marc Canon. Ces attaques contre le socle du statut sont inacceptables car « le statut est une garantie pour les citoyens » s’appuyant sur le principe d’égalité, le principe d’indépendance et de neutralité, ainsi que le principe de responsabilité. Ces principes protègent l’usager citoyen et la population contre les dérives des décisions administratives et politiques, garantissant un service public rendu par des agents de la fonction publique, de manière neutre, impartiale et dans l’intérêt général. Une nouvelle journée de mobilisation se profile le 26 ou 27 juin

La CGT n’est pas opposée à la modernisation, il faut s’adapter aux besoins de la société confie Jean-Marc Canon, « mais en quoi créer de la précarité est-ce moderniser ? » Il poursuit : « Vous ne pouvez pas avoir de double langage sur la défense des services publics et voter cette loi. » Désormais, le processus continue, puisque le texte va entrer au Sénat. Si la loi est votée, il faudra attendre les décrets d’applications. Or, à la rentrée, « une nouvelle page s’ouvre » avec la présentation du projet de loi de « Finance » (PLF) : « Le processus de lutte ne va pas s’arrêter à la mi-juin. »

Parallèlement, un « rendez-vous salarial » est organisé par le gouvernement le 2 juillet, où il se murmure que le point d’indice, déjà gelé depuis 2010, pourrait l’être jusqu’en 2022. Ainsi, une nouvelle journée de mobilisation sera organisée le 26 ou 27 juin afin de revendiquer l’abandon de ce projet de loi et une revalorisation du point d’indice. La date sera arrêtée jeudi par l’intersyndicale.